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Qu’est-ce donc que ce blogue sauvagement intitulé « deux œufs pour un saphir » ? En quelques mots, c’est une récupération de cette place trop
longtemps inusitée (ou, plus exactement, dont l’usage était privé) pour la sensibilisation à la maîtrise de ses données personnelles dans le monde numérique.

La version longue, quant à elle, est ci-dessous. À bon entendeur !
Raison d’être

Nous vivons désormais dans un monde de communication où l’information est dématérialisée. Les premières générations natives de cet univers virtuel sont en train de s’épanouir à l’heure où j’écris ces mots. Certains ont décidé de les nommer les « Digital Natives » (natifs du monde numérique). Les perspectives offertes par ce monde semblent nouvelles à ses utilisateurs. Pourtant, il ne fait pas de doute que nombre d’anciennes théories de sociologie s’appliquent et décrivent le comportement qu’adoptent désormais les peuples communiquants. Ces traités ne sont pas, pour lors, l’objet de notre contenu.

Il n’est pas de liberté sans connaissance; il n’est pas de connaissance sans responsabilité. Je, et peut-être bientôt nous, qui avons vu l’émergence de ce nouvel univers et dont l’information est au centre de notre métier, avons, vis-à-vis des nouveaux utilisateurs du système, la responsabilité d’informer sur les risques inhérents à l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Parce que notre magistère s’exprime dans les systèmes d’information, que nous les avons vus s’étoffer et que nous en maîtrisons les aspects techniques, nous nous devons de fournir la connaissance qui enrichira qui viendra la chercher.

Ce nouveau monde qui s’étend sans cesse, ce que j’appelle « le système », repose sur des règles et des principes de fonctionnement. En jouir est le privilège des nations développées, et, je l’espère, deviendra bientôt un droit pour l’humanité. Mais, pour ne pas subir son fonctionnement et ses éventuelles perversions, certaines choses doivent être connues. Dans un premier temps, les articles se concentreront sur la maîtrise de son identité et de son image au sein du système (l’Internet). Ces essais seront destinés à des néophytes et en premier lieu rédigés en langue française.
Des logiciels libres à la maîtrise de l’identité

gnOO puise son origine dans les logiciels libres. Ce sont des programmes fonctionnant sur votre ordinateur qui se distinguent par le respect de quatre libertés fondamentales : l’étude, l’amélioration, la redistribution et l’usage « libres ». Ces libertés sont toutefois limitées par les clauses de la licence qui vous est octroyée. Les licences dites libres pullulent et sont regroupées dans deux catégories : le «Free Software » et l’«Open Source », le mouvement social et l’approche industrielle.

Néanmoins, ces licences vous assurent que toute personne compétente peut comprendre comment le logiciel fonctionne, et ce qu’il fait exactement des données que vous lui injectez. Ces données vont du mouvement de la souris à votre numéro de sécurité sociale, selon le cas. En effet, certains logiciels aujourd’hui gèrent des données fondamentales de notre identité qui, souvent, relèvent de notre vie privée.

Alors comment sommes-nous arrivés des logiciels libres à ces essais sur la maîtrise de la sphère informationnelle ? À dire le vrai, nous cherchions une vocation dans le monde toujours grandissant des logiciels libres. Heureusement, beaucoup de choses ont déjà été faites et nombre de services sont aujourd’hui disponibles pour les contributeurs et utilisateurs de ces applications. En quoi pouvions-nous aider ? Les promoteurs des logiciels libres sont toujours à pied d’œuvre et vous trouverez leurs discours çà et là. Si vous comprenez la langue anglaise, cherchez les « free software advocates » sur votre moteur de recherche préféré pour vous en convaincre. De plus, les réseaux de communications sont depuis longtemps en place. Qu’il s’agisse du très vieux et très usité Internet Relay Chat (IRC) et ses salons de discussions, des listes de diffusions ou de systèmes plus récents tels que Jabber (XMMP), les besoins en terme de communication sont comblés. Nous contribuons déjà ici et là à des projets libres et soutenons ainsi la communauté. Que faire de plus ? Car nous voulons faire plus. Améliorer n’est pas qu’une possibilité offerte par les libertés fondamentales, c’est ce à quoi tend l’humanité. Progresser, là est la clé. Bref, les besoins techniques sont assouvis, l’œuf du monde libre éclot et se répand dans la société.

Ces logiciels garantissent la transparence et ainsi l’autodétermination des peuples. C’est ce que certains gouvernements ont compris et que les promoteurs démontrent patiemment aux autres. Mais qui du peuple en saisit l’importance ? Qui s’en soucie réellement ? L’informatique est obscure. On l’utilise chaque jour, ça fonctionne, c’est parfait. Rares sont ceux qui ont conscience des conséquences de leurs actions au sein du système. Sans évoquer les couches techniques, la manière dont est gérée l’information ne suscite aucun émoi. Pourtant, ce sont des fragments de votre existence qui transitent; accolés, c’est votre vie qui prend forme.

Il nous est ainsi apparu qu’il était temps d’expliquer, à qui veut bien l’entendre, ce qu’est le système. Est venu le moment de transmettre la connaissance qui permet de prendre conscience des choix dont nous disposons tous lors de notre usage des systèmes d’information. Car ce système est un outil dont nul ne doit être prisonnier; car le citoyen doit pouvoir y exercer ses droits et ses choix; car la connaissance nécessaire à son exercice ne peut être cachée. Ainsi, nous avons trouvé notre voie. Ainsi, vous nous avez trouvés.